Serveur rapide
L’illusion du labeur (ou quand la confiance passe par la lenteur)
Auteur : Pierre CHEVALIER
19 février 2020

Je suis un peu « off topic » avec ce petit billet, mais la découverte de ce concept m’a tout simplement ébahi : du coup, je n’ai pu résister à l’envie de rédiger un petit article à ce sujet.

Donc bon, l’illusion du labeur, qu’est-ce que c’est ?

Imaginez : vous rentrez dans un restaurant, un serveur arrive tout de suite, prend votre commande et la ramène dans la minute.
Déjà, vous vous demandez si vous n’êtes pas tombé dans un monde parallèle (un serveur, tout de suite ? A [insérez le nom de la grande ville la plus proche] ???) … et ensuite, votre commande, servie dans la minute … Vous n’auriez pas un doute ? Ma nourriture est-elle fraîche, ou bien a-t-elle été préparée pour quelqu’un d’autre que moi ?

Au même titre que dans un restaurant, où il est normal et rassurant d’avoir à attendre que sa commande soit préparée, on a constaté que dans d’autres domaines, immatériels ceux-là, la même inquiétude se manifeste.

Par exemple, sur les sites de recherche de meilleur prix pour des vols ou des hôtels, on a une petite mire, qui fait défiler des noms de compagnie, ou bien une petite explication de qui est en train de se passer sur les serveurs …

Sauf qu’il n’en est rien : les serveurs hébergeant ces applications sont largement dimensionnés, et les réponses sont disponibles quelques millisecondes après la validation de la requête client.

L’illusion du labeur, c’est ça : donner l’impression, de la manière la plus imagée possible, que de l’autre côté d’internet, une armée de nains  embauchés par Intel ou AMD (avec des tenues bleu ou rouge, du coup), coincés dans de gigantesques datacenters, font du data mining avec leur petite pioche en chantant « Hey Ho, Hey Ho, on s’en va au boulot ».

Et comme illustré ci-dessus, les sites internet se donnent beaucoup de mal pour donner corps à cette impression, quitte à la doter d’un corps, par l’intermédiaire d’un petit personnage qui s’agite, rigolo de préférence, ou bien en faisant défiler des informations, à toute vitesse mais pas trop, « à la Matrix ».

Au final, l’illusion du labeur, c’est l’illustration d’une de nos multiples dualités : si c’est un humain qui est aux commandes, on veut que tout aille toujours plus vite, mais lorsque c’est une machine, il faut qu’elle « ralentisse » pour que l’on puisse s’imager que les choses se fassent.

Source : https://www.hbs.edu/faculty/Pages/item.aspx?num=40158

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