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Gérer son temps en confinement : la technique Pomodoro

C’est un sujet à la mode en ce moment : comment gérer son temps en confinement lorsque l’on n’est pas habitué au télétravail et que l’on doit, en plus, prendre en charge toutes les tâches du quotidien ?

À cette question, je vous propose une réponse :

KAMOULOX !  

Comme aurait pu le dire Magritte, ceci n’est pas une tomate : c’est l’outil indispensable (mais éponyme) de la méthode que je vais vous présenter : la technique Pomodoro.

Les exemples que je propose résultent de ma version de cette technique, adaptée à ma manière de travailler et mes timings : je vous suggère vivement de lire le livre (lien en bas d’article) si vous ne vous y retrouvez pas.

Comment ça marche :

Le grand principe est de découper ses journées de travail en tranches de 25 minutes. À quoi cela sert-il ? Dans un premier temps, à relever le temps (le nombre de fois 25 minutes, soit le nombre de pomodoro) nécessaire à accomplir telle ou telle tâche, puis dans un second temps, à planifier avec réalisme des journées de travail où l’on a une chance de terminer tout ce que l’on a prévu de faire.

Ok, mais dans la pratique ?

Comme souvent, un bon exemple sera plus parlant qu’un long discours :

« Aujourd’hui, j’ai décidé d’écrire un article de 800 mots, de faire une vidéo Youtube de 30 minutes et de travailler pendant deux heures sur un projet de formation. »

La première chose à faire dans un premier temps est d’isoler les tâches :

  1. écrire un article de 800 mots
  2. faire une vidéo de 30 minutes
  3. travailler deux heures sur un projet de formation

Ensuite, on va prendre chacune de ces tâches, pour essayer de les détailler en « morceaux » (ou sous-tâches) que l’on pense être capables de faire en 25 minutes.

  1. écrire un article de 800 mots => trouver un sujet et se documenter brièvement [1 pomodoro] + rédiger l’article [3 pomodoro] + relire et corriger les fautes [1 pomodoro]
  2. faire une vidéo de 30 minutes => rédiger le script [1 pomodoro] + filmer la séquence [2 pomodoro] + monter la séquence [1 pomodoro]
  3. travailler deux heures sur un projet de formation => [5 pomodoro]

On va donc se faire un petit tableau qui pourrait ressemblera à ça :

On arrive donc à un total de 14 pomodoro estimés pour faire toutes nos tâches. Vu que l’on est en télétravail, on s’autorise une journée de 8 heures.

Avant d’aller plus loin, voici les quelques règles à retenir pour pouvoir suivre la méthode :

  • un pomodoro ne peut être interrompu : on continue à travailler sur la tâche à laquelle il est rattaché jusqu’à ce qu’il soit terminé, et il n’est pas sécable (il n’y a pas de 1/2 pomodoro)
  • un pomodoro doit être exclusivement réservé à la tâche sur laquelle on travaille
  • une pause obligatoire  de 5 minutes doit être respectée entre chaque pomodoro
  • une pause obligatoire de 15 minutes doit être respectée tous les 4 pomodoro

Les pauses ne doivent pas être l’occasion de répondre à des mails ou de passer des coups de fil, mais bien de faire une coupure (café, cigarette, déjeuner, …). Si vous avez la nécessité de répondre à des mails ou de passer des coups de fil, planifiez-vous un pomodoro pour le faire.

Il est donc temps de faire les comptes ! Un pomodoro dure normalement 30 minutes (25 minutes de travail + 5 minutes de pause), et nous en avons 14, soit 7 heures de travail et en prenant en compte les pauses de 15 minutes tous les 4 pomodoro, (au nombre de 3 en l’occurrence), on arrive à un total de 7 heures et 45 minutes de travail. Parfait !

Nous avons un planning, et maintenant ? 

Maintenant, nous allons utiliser l’accessoire indispensable de cette technique : un minuteur en forme de tomate. Je plaisante bien sûr, n’importe quel minuteur fera l’affaire, et si vous n’en avez pas, il existe de nombreuses applications dédiées, que ce soit sur ordinateur ou sur téléphone, qui vous permettront de découper le temps.

Et il n’y a plus qu’à se mettre au travail !

À la fin de chaque pomodoro utilisé, on coche dans notre tableau la petite case correspondant à ce dernier. Si d’aventure, on utilise plus de temps que prévu pour une tâche, on met une petite croix supplémentaire sur la ligne. Lorsqu’une tâche est finie, on la raye.

Voici à quoi pourrait ressembler notre mi-journée :

Que peut-on constater  ? Nous nous sommes trompés sur le temps nécessaire pour trouver notre sujet : au lieu d’un, nous avons utilisé trois pomodoro ; par contre, filmer la séquence nous a pris seulement un pomodoro au lieu de deux. Pour le reste, nos estimations étaient bonnes.

Et à la fin de la journée …

Il est maintenant temps de tirer les enseignements de notre journée :

  • nous avons globalement réussi à effectuer toutes les tâches que nous avions prévus de faire
  • par contre, pour notre prochain article, nous prévoirons plus de temps pour la recherche du sujet et des documents nécessaires (ou alors, nous réviserons la méthode utilisée)
  • filmer la séquence a été plus rapide qu’escompté : est-ce normal ? Si tel est le cas, pourrons-nous diminuer le nombre de pomodoro échus à cette tâche la prochaine fois ?
  • monter la séquence a par contre été beaucoup plus long que prévu. Il faudra prévoir plus de pomodoro à cette tâche pour la prochaine fois
  • travailler deux heures sur le projet formation n’a pas été possible : nous étions épuisés après cette longue journée d’expérimentation 🙂

Et voilà ! Et je n’ai fait qu’effleurer la technique : si vous voulez savoir comment gérer les urgences, comment faire pour ajouter une tâche, etc. , je vous conseille vivement la lecture de la notice traduite en français de la technique, rédigée par Francesco Cirillo, son créateur : http://www.pomodoro-technique.fr/wp-content/uploads/2017/01/livre-francais-Technique-Pomodoro-gratuit-free.pdf.

Confinement et travail : comment faire ?

Le billet de cette semaine est un peu particulier, compte tenu des circonstances, et ce à plusieurs titres :  en effet, il ne va pas concerner l’actualité d’une technologie, d’une société ou d’un concept, mais plutôt la personne derrière le clavier (moi en l’occurrence). Et deuxièmement, je vous le livre en retard. Désolé.

Voici donc une liste de conseils que je m’applique au quotidien (une fois passée la première semaine, qui m’a essentiellement servi à m’organiser, ainsi qu’à ma femme, un espace de travail décent), sachant que je suis actuellement sans mission, la faute au Coronavirus (je ne l’ai pas, soyez rassurés).

Voilà le mien … old school 🙂

1. Établir sa « to do list »

Il s’agit ici de faire un tableau à trois colonnes : ce que l’on doit faire, ce que l’on veut faire, et ce que l’on pourrait de faire. Pas de limites ici : jetez tout ce que vous voulez sur ce tableau (tant que cela concerne votre activité professionnelle ou une activité périphérique).

Vous allez naturellement ajouter des choses dans ce tableau : par contre, n’en effacez pas. Si d’aventure, vous vouliez en retirer une ligne, rayez là, mais gardez là lisible : ça pourra vous inspirer autre chose plus tard.

 

2. Définir les priorités

Une fois la « to do list » établie, vous allez pouvoir définir les priorités de chaque action que vous avez noté. Vous pourriez par exemple ajouter un numéro ou une lettre (priorité 1 ou A, la plus haute, puis 2 ou B, etc.). Personnellement, je colore les textes en rouge, orange ou vert. À vous de voir pour trouver la méthode qui vous convient !

Ne soyez pas surpris de mettre une priorité plus élevée à une action de la colonne « pourrait faire » qu’à certaines de la colonne « doit faire » : c’est humain, et le but de la manœuvre n’étant certainement pas de tomber en dépression ou en burnout chez soi, c’est même plutôt conseillé.

Si jamais certaines idées ne vous semblent vraiment pas réalistes ou réalisables, ne leur donnez pas de priorité : mais encore une fois, ne les effacez pas.

 

3. Établir son planning

Maintenant que nous avons fait ce travail de préparation, nous allons pouvoir commencer à réfléchir à la manière dont tout faire rentrer dans notre planning. Ici, l’idée ne va pas être de se dire « je vais terminer la tâche Y en deux jours », mais « je vais attribuer 4 heures à cette tâche sur la journée de lundi ».

 

Aparté : il est impératif de respecter les règles suivantes (et de les prendre en considération lorsque vous créerez votre planning) :

  • pas plus d’heures travaillées qu’au travail
  • on s’habille comme pour aller au travail (enfin, vous n’êtes pas obligé d’enfiler le costume-cravate, mais le pyjama est interdit)
  • on s’aménage un « coin travail », qui est uniquement dédié au travail (même s’il est petit et inconfortable) : ainsi, vous pourrez marquer la rupture travail/maison en fin de journée
  • on fait des pauses régulièrement, pour s’aérer un peu (autant que possible) : une pause café, thé, cigarette, caresse à votre animal de compagnie … À vous de voir !

Junior, mes lecteurs … mes lecteurs, Junior …

On va donc se construire notre planning journalier très sommairement, avec par exemple :

Lundi

4 heures sur le projet X

1 heure de réseautage

1 heure de rédaction d’article

1 heure de conf call avec Y sur le projet X 

Essayez, dans la mesure du possible, de positionner des tâches sur tous les jours de la semaine, mais sans « blinder » complètement votre planning.

 

4. La fin de journée

À la fin de la journée, il est temps de faire le point sur ce qui a été fait.

  • Si une tâche que vous aviez porté à votre planning est terminée, vous la rayez dans votre planning et vous mettez un petit « OK » à côté (ne la supprimez pas). Vous pouvez faire de même dans votre « to do list ».
  • Si une tâche n’est pas terminée et nécessite plus de temps, notez sur votre planning, votre « to do list » ou ailleurs l’état d’avancement de cette tâche.
  • Si une tâche n’a pas du tout été abordé, c’est que vous avez eu les yeux plus gros que le ventre, ou que vous avez mal géré votre temps.
    1. Dans le premier cas, revoyez vos ambitions à la baisse et détendez-vous : la vie est trop courte pour la gâcher en dépressions nerveuses !
    2. Dans le second cas, trouvez une méthode pour borner votre temps de travail (personnellement, j’utilise la méthode Pomodoro, et un timer qui va avec).
    3. Quoi qu’il en soit, mettez cette tâche dans une petite case « Reliquat », et revoyez sa priorité si nécessaire. Ne l’effacez pas de votre planning.

5. L’ajustement du planning du lendemain

Vous voilà désormais à la dernière étape de votre journée de travail : définir ce que vous allez faire demain !

Suivant ce que vous avez positionné dans la case « Reliquat » et les priorités (révisées ou pas) de ce que cette case contient, vous allez finir de remplir votre journée du lendemain, voire déplacer des tâches si nécessaire.

 

6. La fin de semaine

Ça y est, vendredi soir, c’est enfin le week-end ! Petite action à faire avant de profiter d’un repos bien mérité : faire une sauvegarde (ou prendre une photo) de ce que vous avez fait cette semaine, et vous féliciter du travail abattu : vous avez bien bossé et vous pouvez en être fier !

Assurez-vous de bien avoir noté l’état d’avancement de vos diverses tâches dans la « to do list », et profitez en pour faire le ménage dans cette dernière en effaçant les tâches que vous avez terminées.

Et … C’est fini pour cette semaine ! Lundi matin, vous pourrez recommencer à la phase 3 : là, c’est le week-end, faites un break, « comme en temps normal » ! 

La dématérialisation : pourquoi dire non ?

C’est un sujet polémique, qui partage depuis déjà quelques années, et qui devient central pour les retaileurs, suite à un amendement dont le vote devrait avoir lieu dans le courant de cette année : alors, la dématérialisation des tickets de caisse, c’est bien ou pas ?

Y’en a qu’on essayé … et ça fonctionne en plus !

Ce qui dirait la loi (si l’amendement est voté « tel quel ») :

Voici ce que propose l’amendement : 

– interdiction d’imprimer systématiquement le ticket de caisse des transactions d’un montant inférieur à 10 euros à compter du 1er février 2020 ;

interdiction d’imprimer systématiquement le ticket de caisse des transactions d’un montant inférieur à 20 euros à compter du 1er janvier 2021.

interdiction d’imprimer systématiquement le ticket de caisse des transactions d’un montant inférieur à 30 euros à compter du 1er janvier 2022.

(Un lien vers la proposition complète.)

Le mot « systématiquement » est très important, comme vous pourrez le constater un peu plus loin dans cet article.

Plus de tickets de caisse, vraiment écolo ?

De nombreux sites internet et associations ont déclarées que l’abandon du ticket de caisse au profil d’un mail allait au final avoir un impact carbone plus important.

Dans ce calcul, sont pris en compte :

  • la consommation et la fabrication des infrastructures « télécom »
  • la consommation et la fabrication des infrastructures de stockage et d’envoi des mails
  • la consommation et la fabrication du matériel nécessaire à lire ces mails.

Même si la démarche est louable, deux choses me chagrinent :

  • je n’ai pas réussi à trouver une étude qui calcule l’impact carbone d’un rouleau de ticket de caisse traité au bisphénol (avec son petit axe central en plastique), donc difficile de trouver un point de comparaison, et
  • je ne comprend pas comment on peut comparer une activité dont la matière première principale est le bois avec une autre pour laquelle l’énergie est la ressource primaire.

Cependant, on peut imaginer des solutions techniques :

  • pour les clients « non-encartés » dans les magasins, proposer un envoi de mail sans stockage permanent (en ne conservant que l’association adresse mail + n° unique de ticket au niveau du magasin pendant le délai de prise en charge des retours, ce qui sera suffisant pour retrouver ce dernier le cas échéant)
  • établir des partenariats avec des développeurs d’application de stockage de tickets de caisse « écoresponsables »

L’argument « humain » :

En parcourant le net pour collecter des informations au sujet de la dématérialisation, j’ai pu constater une certaine défiance par rapport au procédé.

Les principales raisons sont :

  • les personnes âgées ne pourrons pas consulter leurs tickets de caisse, faute d’avoir accès à la technologie nécessaire
  • les clients refusent de donner leur adresse mail, considérant que de toute façon, les enseignes vont les exploiter à des fins commerciales (publicités ou revente de listes)
  • la protection de la vie privée n’est plus assurée, et les retailers vont pouvoir dresser des profils « commerciaux » de leurs clients, ce qui n’est pas admissible.
  • les tickets de caisse sont indispensables, pour vérifier les erreurs de prix
  • comment faire sa comptabilité sans ticket de caisse ?

Nous avons ici deux grands sujets : les problèmes de vie quotidienne et l’accompagnement des seniors pour qu’ils puissent accéder à la technologie, un sujet plus vaste par rapport à la protection des données personnelles.

L‘accompagnement des seniors à la vie numérique n’est pas la responsabilité des enseignes, mais bien des collectivités (je le sais d’autant mieux que, présent dans une liste du village dans lequel je réside, ce sujet est considéré comme prioritaire et que j’ai demandé à pouvoir le prendre en charge).

Il serait dommage de refuser une technologie considérée comme « bonne » sous prétexte que l’on ne peut pas se l’approprier immédiatement et sans effort (sinon, nous serions encore tous à cheval, et que dire des téléphones portables …) !

De plus, et c’est TRES IMPORTANT : le texte dit que l’impression SYSTEMATIQUE des tickets de caisse d’un montant inférieur à XX€ va être interdite : rien ne vous empêche de demander un ticket, on vous le donnera !

Le point « protection des données » est couvert, quant à lui, par la CNIL, et est encadré par la GDPR.

Solutions :

  • module demandant l’autorisation d’inscription à des propositions commerciales
  • garantie de l’usage des adresses mail en « one shot », sans enregistrement dans une base centrale
  • éduquer les utilisateurs au fait qu’ils sont en droit de demander un ticket

Voilà la fin de ce petit article, en espérant vous avoir quelque peu éclairé sur le sujet !

PS : j’ai choisi de ne pas aborder l’aspect marketing de l’exploitation de ces informations à escient, n’étant pas un spécialiste sur le sujet.

Bachotage …

Bonjour à tous ! Désolé, mais il n’y aura pas d’article cette semaine … je viens de passer 4 jours passionnants de formation + certifications (et je remercie par anticipation Alain Bonneaud à ce sujet : si vous recherchez une formation qu’il assure, foncez !) mais particulièrement exigeants, et je n’ai malheureusement pas eu le temps de me focaliser sur un autre sujet.

Cependant, je profite de ce ticket pour vous annoncer la parution de deux livres blancs de mon cru cette année : un sur la gestion de production exceptionnelle (dont l’objectif est de donner à des PME dont ce n’est pas le métier les clefs pour gérer une production) avant cet été, et un second sur la manière dont un porteur de projet seul peut gérer un projet sans être un spécialiste (le titre reste à trouver).

Bonne fin de semaine à tous !

L’illusion du labeur (ou quand la confiance passe par la lenteur)

Je suis un peu « off topic » avec ce petit billet, mais la découverte de ce concept m’a tout simplement ébahi : du coup, je n’ai pu résister à l’envie de rédiger un petit article à ce sujet.

Donc bon, l’illusion du labeur, qu’est-ce que c’est ?

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Spoiler : non, jouer à travailler n’est pas une illustration de l’illusion du labeur (source)

Imaginez : vous rentrez dans un restaurant, un serveur arrive tout de suite, prend votre commande et la ramène dans la minute.
Déjà, vous vous demandez si vous n’êtes pas tombé dans un monde parallèle (un serveur, tout de suite ? A [insérez le nom de la grande ville la plus proche] ???) … et ensuite, votre commande, servie dans la minute … Vous n’auriez pas un doute ? Ma nourriture est-elle fraîche, ou bien a-t-elle été préparée pour quelqu’un d’autre que moi ?

Au même titre que dans un restaurant, où il est normal et rassurant d’avoir à attendre que sa commande soit préparée, on a constaté que dans d’autres domaines, immatériels ceux-là, la même inquiétude se manifeste.

Par exemple, sur les sites de recherche de meilleur prix pour des vols ou des hôtels, on a une petite mire, qui fait défiler des noms de compagnie, ou bien une petite explication de qui est en train de se passer sur les serveurs …

Sauf qu’il n’en est rien : les serveurs hébergeant ces applications sont largement dimensionnés, et les réponses sont disponibles quelques millisecondes après la validation de la requête client.

L’illusion du labeur, c’est ça : donner l’impression, de la manière la plus imagée possible, que de l’autre côté d’internet, une armée de nains  embauchés par Intel ou AMD (avec des tenues bleu ou rouge, du coup), coincés dans de gigantesques datacenters, font du data mining avec leur petite pioche en chantant « Hey Ho, Hey Ho, on s’en va au boulot ».

« Salut c’est moi Nono. Je suis le robot héros … »

Et comme illustré ci-dessus, les sites internet se donnent beaucoup de mal pour donner corps à cette impression, quitte à la doter d’un corps, par l’intermédiaire d’un petit personnage qui s’agite, rigolo de préférence, ou bien en faisant défiler des informations, à toute vitesse mais pas trop, « à la Matrix ».

Au final, l’illusion du labeur, c’est l’illustration d’une de nos multiples dualités : si c’est un humain qui est aux commandes, on veut que tout aille toujours plus vite, mais lorsque c’est une machine, il faut qu’elle « ralentisse » pour que l’on puisse s’imager que les choses se fassent.

Source : https://www.hbs.edu/faculty/Pages/item.aspx?num=40158

Un irritant, dans le retail, kesako? 

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Un irritant, dans le retail, qu’est-ce que c’est ? Tout d’abord, c’est un anglicisme qui nous vient d’outre-Atlantique, a priori né au début des années 90 (Google a été mon ami). Toujours dans notre contexte, il aurait été adopté dans le sens dans lequel nous l’utilisons au début des années 2000.

En voici une définition simple : un irritant, c’est une expérience négative qui fait renoncer à un achat pourtant envisagé.

Laissez-moi vous présenter une liste (que j’espère exhaustive) d’irritants dans le retail en 2020.

  1. Le décalage entre internet et les magasins

Quoi de plus désagréable que de trouver l’article de vos rêves sur votre site internet de votre marque préférée et de voir qu’il n’est plus disponible en ligne, mais en magasin ? Eh bien, d’aller en magasin et de vous rendre compte … qu’il n’y est pas non plus disponible !

La solution à ce problème est facile à formuler, mais complexe à mettre en œuvre, surtout pour les enseignes historiques du retail « brick & mortar » : il suffit d’avoir une gestion de stock centralisée !

En réalité, ces projets sont colossaux, dans leur création comme dans leur mise en œuvre. Cependant, ils en valent clairement la chandelle, car ils ouvrent la voie à de nouvelles offres clients, comme le Clic & Collect ou le Ship from Store (on en reparle au point 5), et sont la pierre angulaire du « magasin 2.0 ».

  1. Un merchandising bâclé

Vaste sujet que celui-ci ! Que l’on parle d’une campagne de publicité, de l’agencement d’un magasin, de l’affichage des prix ou de la mise en valeur des produits, nombreux sont les écueils !

Malheureusement (ou pas), la technique ne peut pas tout pour aider à solutionner les multiples problèmes que l’on pourrait classifier dans cette catégorie.

Cependant, ces dernières années ont vu fleurir des applications innovantes :

– analyser le déplacement des clients en magasin à l’aide de caméras ou de beacons, ainsi que l’évolution du contenu de leurs paniers (via des tags NFC), afin d’optimiser l’espace de vente (en mettant en avant les produits se vendant moins bien, par exemple)

– une innovation qui n’en est plus vraiment une, mais qui se démocratise : les étiquettes électroniques (histoire d’éviter les décalages entre les prix étiquetés et les prix en caisse …)

– proposer des zonings musicaux, qui peuvent même s’adapter par rapport aux goûts du client

[…]

Sans compter tout le potentiel des écrans publicitaires personnalisés, les cabines d’essayage virtuelles, etc., qui amène « l’effet wow ! » et qui favorisent la vente et la fidélité du client.

  1. Le magasin (ou le site) où l’on n’a pas envie d’aller

Voici un point qui rejoint le numéro 2 : un magasin mal organisé où l’on ne trouve pas ce que l’on cherche, ou un site internet souffrant du même problème, c’est l’assurance de voir le client partir et ne jamais revenir !

En ce qui concerne l’e-commerce, on ne le dira jamais assez, mais l’organisation et la maintenance d’un site internet de vente nécessite un spécialiste sur le sujet (spécialiste que l’on sera ravi d’avoir sous le coude lorsqu’il s’agira de travailler sur le point 1 !).

Pour le magasin physique, au-delà d’un simple problème d’organisation des rayons, d’autres paramètres (de bon sens) rentrent en ligne de compte, qui pourraient faire fuir aussi sûrement le client : la ligne de caisse est située à la même hauteur que l’entrée, et on voit une file de personnes de l’extérieur ? La sortie du stock est une ouverture béante en face de la porte d’entrée ?

N’étant pas un spécialiste du sujet, je n’ai rien de mieux à conseiller que de s’orienter vers un professionnel (désolé).

  1. Le manque de conseil

Les clients se plaignent de la passivité, de l’absence, voire du manque de professionnalisme du personnel ? Les vendeurs en magasin ne se sentent pas impliqués ? Transformez-les en conseillers ! J’ai déjà abordé ce sujet dans un article précédent, dont je vous suggère de fait la lecture : https://thinkitretail.fr/wordpress/2020/01/22/investissez-dans-lhumain-il-vous-le-rendra-bien/ .

  1. La gestion du stock magasin

Voici typiquement un sujet beaucoup plus vaste qu’il n’y parait. Nous l’avons évoqué au point 1, il est important d’avoir en central un système qui soit capable de dire au client si un produit est effectivement disponible dans le magasin de son choix via l’application mobile ou le site internet de l’enseigne.

Il est maintenant impératif, afin d’éviter de perdre des ventes faute de stock dans le magasin visité, d’avoir une vue en magasin du stock des autres magasins de la chaîne, et de proposer soit une prestation de type Ship from Store (le magasin qui possède le produit désiré l’envoie au client, mais l’article est vendu dans le magasin visité), soit en Ship and Collect (le magasin qui possède le produit désiré l’envoie au magasin ciblé par le client, et ce dernier vient le récupérer) ; et bien entendu, toutes ces prestations doivent notifier en temps réel le client. Des solutions logicielles existent, qu’elles soient intégrées à des « suites d’encaissement » ou en standalone, et collent de près à toutes les innovations.

Enfin, et c’est un sujet qui reste à développer dans le futur, avoir la capacité de retrouver un produit alors qu’il a été déplacé (il apparaît bien en stock lorsque le client le demande à un conseiller, mais il n’est pas en rayon). L’utilisation de tag NFC plus généralisée devrait permettre cette « géolocalisation » en magasin, ajouterait « l’effet wow! » (imaginez la tête du client qui suit le conseiller qui retrouve le produit tant désiré du premier coup, à l’autre bout du magasin).

  1. Le temps pour régler ses achats

Nous voilà proche de la conclusion de notre parcours de vente ! Un conseiller poli et qualifié nous a conseillé, nous avons évolué dans une surface de vente agréable, et là, c’est le drame, 40 personnes en train d’attendre pour payer leurs achats ! Nombreuses sont les personnes qui ont abandonné leur panier et qui sont partis, malgré la qualité de l’offre et de l’accueil (et dont les produits seront perdus jusqu’à remise en rayon par un conseiller, indisponibles aux clients mais présents dans le stock, voir point 5 …).

Magasins sans caisses, caisses automatiques, paniers intelligents, … de nombreuses solutions existent, avec des coûts induits assez importants. Mais n’y aurait-il pas une autre solution, qui pourrait permettre de récompenser la fidélité tout en raccourcissant le temps de passage en caisse ?

  1. Une offre de fidélité négligée

Et nous voilà déjà au dernier point de cette liste, et à l’action qui va conclure notre vente (avant le paiement, bien sûr, qui n’est pour sa part plus vraiment un problème, tant les monéticiens ont amélioré leur offre, que ce soit en proposant des connexions via ADSL, qu’en intégrant les nouvelles offres monétiques dans des délais très courts) : le passage de la carte de fidélité.

Là, le constat est simple : trop de pub, pas assez d’avantages. Trop de retaileurs ont tendance à penser qu’une fois le client a adhéré à un programme de fidélité, il n’est plus rien d’autre qu’une adresse mail à ajouter dans une mailing list, volontaire pour se faire matraquer à grand coup de marketing.

Fort heureusement, les filtres antisp … oups, pardon 🙂 fort heureusement, disais-je, les mentalités évoluent, et ce depuis quelques années, les programmes de fidélité intègrent la participation à des événements exclusifs, des promotions VRAIMENT avantageuses, etc. Mais pourquoi ne pas pousser le bouchon encore un peu plus loin ? En proposant par exemple un service de passage prioritaire en caisse, ou bien un service de paiement différé avantageux lié au compte fidélité, permettant de faire d’une pierre deux coups : plus de données sur le client et ses habitudes, et un temps raccourci de passage en caisse ?

Quoi qu’il en soit, l’adoucissement ou la résolution de ces irritants doit être une priorité : en effet, les réseaux sociaux et internet en règle générale étant l’endroit où l’expression de l’insatisfaction client va être exprimée, avec une audience gigantesque et une absence de mesure dans les réactions (liée à l’anonymat que nous confère ce média), l’image d’une marque peut s’y faire et s’y défaire en quelques mois.

Rachat d’Ingenico par Worldline : la naissance d’un monstre du paiement

De l’actualité fraîche (extra fraîche même, compte tenu du fait que l’annonce a été faite le lundi 3 février (en début de semaine, à date de rédaction de cet article) pour ce ticket, et une petite synthèse / analyse / réflexion.

Tout d’abord, petite présentation des deux parties

Ingenico est une société spécialisée dans les solutions de paiements, surtout connue du grand public pour ses terminaux de paiement que l’on trouve depuis une vingtaine d’année à peu près partout, que ce soit chez les pétroliers, les petits commerçants ou les grandes surfaces.

Au fil de ses 40 années d’existence, elle a globalement racheté tous ses concurrents français (Innovatron, Sagem Monetel, Moneyline, …), et se lance dans  le paiement sur Internet au tout début des années 2000 (preuve qu’un acteur historique peut innover, évoluer et se transformer, n’en déplaise à certains).

Worldline, pour sa part, va souffler ses 50 bougies cette année. Cette société, tout d’abord spécialisée dans le traitement des transactions de carte de paiement, s’ouvre assez logiquement dans les années 90 aux paiements en ligne via Internet.

Brique originelle de Atos, elle retrouve sa liberté en 2019, non sans avoir renforcé son offre au travers du rachat de nombreuses sociétés spécialisées.

Et paf, ça fait des Chocapics

Oui, je sais, ca ne fait rire que moi.

Pour paraphraser la célèbre publicité, on est typiquement dans le cas d’une fusion de deux sociétés très performantes, que ce soit en matière de technologie, d’innovation ou de finance (même si cela s’est fait dans la douleur dans le cas d’Ingenico), qui va permettre de créer une « super société » qui va pouvoir se classer dans le top 5 mondial (en quatrième place, pour être exact)  des sociétés spécialisées dans le paiement (alors qu’auparavant, ces deux sociétés avaient des classements aussi flatteurs uniquement sur le territoire européen).

La raison de cette offre publique d’échange amicale ? Une concurrence mondiale exacerbée en ce qui concerne les paiements dématérialisés, un marché de la vente (et donc du paiement) en ligne qui n’en est encore qu’à ses débuts si l’on en croit les spécialistes, et la nécessité de se positionner contre les GAFA afin d’éviter de disparaître dans un futur proche. En effet, la dématérialisation a pour effet bénéfique de permettre l’ouverture à une concurrence n’ayant ses racines ni dans les banques, ni dans le secteur, comme nous l’a montré par exemple Apple avec ApplePay.

Et quel impact pour les utilisateurs ?

Au niveau des utilisateurs, l’impact devrait être limité, au moins dans un premier temps. Il est difficile de se projeter dans le futur, mais il parait peu probable que le groupe qui résultera de cette fusion  ne se décide à arrêter de produire des périphériques monétiques : en effet, cela laisserait la porte ouverte à la concurrence pour vendre son matériel (et les services associés). Même si cette activité devait se faire « à perte », elle est tellement liée au cœur de métier de ce nouveau groupe qu’il serait extrêmement préjudiciable qu’elle disparaisse.

L’impact de la 5G sur le monde du retail

La 5G ? Dans la tête de l’immense majorité du grand public, une évolution « +1 » (de 4 à 5) et la promesse d’une plus grande bande passante …

Outre le fait que cette technologie a beaucoup plus à offrir qu’une simple augmentation de débit, elle ouvre aussi de nouvelles possibilités au monde de l’industrie du retail : petit tour d’horizon.

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La 5G, c’est quoi, au fait ?

Petit rattrapage pour les personnes ne s’étant pas penché sur le sujet :

  1. plus d’antennes « miniaturisées » sur les antennes, « full duplex » (ces antennes miniaturisées sont capables d’émettre et de recevoir en même temps).
  2. un réseau qui « cible » les utilisateurs s’ils ont besoin du service, et plus un « bain d’ondes » permanent pour tout le monde.
  3. une gestion dynamique du réseau, afin de favoriser telle ou telle type d’utilisation (par exemple, les appels d’urgence auront plus de priorité et de bande passante que les utilisateurs de mobile).
  4. un type d’onde (millimétrique) permettant à terme des débits plus élevés.
  5. des petites antennes qui pourront être disposées partout pour renforcer le réseau (et pour diminuer la puissance nécessaire pour rester connecté au réseau, donc économie de batterie).
  6. et enfin, une toute nouvelle architecture réseau, qui va permettre une montée en débit, une latence réduite et la gestion dynamique du réseau (point 3).

 

La 5G dans le retail

Cette mise au point faite, à quoi pourrait bien servir la 5G dans le monde du retail ?

En fait, cette technologie va très probablement être le déclencheur de toute une série d’innovations qui restaient impossibles à mettre en œuvre, faute de bande passante suffisante. On pourrait par exemple imaginer :

  • De la réalité augmentée, voire virtuelle, en temps réel, pour proposer par exemple des services d’essayage virtuel en temps réel dans le cas d’une pièce hors stock ou sur mesure
  • La prolifération des trackers et objets connectés (IoT) en magasin pour améliorer le parcours client en proposant en temps réel des offres et propositions commerciales
  • Renforcer la convergence entre les e-store et les magasins physiques, permettant une expérience client encore plus agréable
  • Une meilleure gestion logistique : le principal point faible des objets connectés à destination logistique (étagère intelligente, étiquette électronique, …) étant leur durée de vie (celle de leur batterie, pour être exact), leur démocratisation (et leur coût) ne peuvent que diminuer grâce à la 5G

 

Conclusion

Ce ne sont quelques exemples, mais encore une fois, il est important de bien comprendre que la 5G n’est que le support de technologies à venir, technologies qui étaient jusque-là bridées par la bande passante et la latence des réseaux mobiles actuels. Gardez les yeux ouverts, vous risquez d’être surpris !