Gérer son temps en confinement : la technique Pomodoro

C’est un sujet à la mode en ce moment : comment gérer son temps en confinement lorsque l’on n’est pas habitué au télétravail et que l’on doit, en plus, prendre en charge toutes les tâches du quotidien ?

À cette question, je vous propose une réponse :

KAMOULOX !  

Comme aurait pu le dire Magritte, ceci n’est pas une tomate : c’est l’outil indispensable (mais éponyme) de la méthode que je vais vous présenter : la technique Pomodoro.

Les exemples que je propose résultent de ma version de cette technique, adaptée à ma manière de travailler et mes timings : je vous suggère vivement de lire le livre (lien en bas d’article) si vous ne vous y retrouvez pas.

Comment ça marche :

Le grand principe est de découper ses journées de travail en tranches de 25 minutes. À quoi cela sert-il ? Dans un premier temps, à relever le temps (le nombre de fois 25 minutes, soit le nombre de pomodoro) nécessaire à accomplir telle ou telle tâche, puis dans un second temps, à planifier avec réalisme des journées de travail où l’on a une chance de terminer tout ce que l’on a prévu de faire.

Ok, mais dans la pratique ?

Comme souvent, un bon exemple sera plus parlant qu’un long discours :

« Aujourd’hui, j’ai décidé d’écrire un article de 800 mots, de faire une vidéo Youtube de 30 minutes et de travailler pendant deux heures sur un projet de formation. »

La première chose à faire dans un premier temps est d’isoler les tâches :

  1. écrire un article de 800 mots
  2. faire une vidéo de 30 minutes
  3. travailler deux heures sur un projet de formation

Ensuite, on va prendre chacune de ces tâches, pour essayer de les détailler en « morceaux » (ou sous-tâches) que l’on pense être capables de faire en 25 minutes.

  1. écrire un article de 800 mots => trouver un sujet et se documenter brièvement [1 pomodoro] + rédiger l’article [3 pomodoro] + relire et corriger les fautes [1 pomodoro]
  2. faire une vidéo de 30 minutes => rédiger le script [1 pomodoro] + filmer la séquence [2 pomodoro] + monter la séquence [1 pomodoro]
  3. travailler deux heures sur un projet de formation => [5 pomodoro]

On va donc se faire un petit tableau qui pourrait ressemblera à ça :

On arrive donc à un total de 14 pomodoro estimés pour faire toutes nos tâches. Vu que l’on est en télétravail, on s’autorise une journée de 8 heures.

Avant d’aller plus loin, voici les quelques règles à retenir pour pouvoir suivre la méthode :

  • un pomodoro ne peut être interrompu : on continue à travailler sur la tâche à laquelle il est rattaché jusqu’à ce qu’il soit terminé, et il n’est pas sécable (il n’y a pas de 1/2 pomodoro)
  • un pomodoro doit être exclusivement réservé à la tâche sur laquelle on travaille
  • une pause obligatoire  de 5 minutes doit être respectée entre chaque pomodoro
  • une pause obligatoire de 15 minutes doit être respectée tous les 4 pomodoro

Les pauses ne doivent pas être l’occasion de répondre à des mails ou de passer des coups de fil, mais bien de faire une coupure (café, cigarette, déjeuner, …). Si vous avez la nécessité de répondre à des mails ou de passer des coups de fil, planifiez-vous un pomodoro pour le faire.

Il est donc temps de faire les comptes ! Un pomodoro dure normalement 30 minutes (25 minutes de travail + 5 minutes de pause), et nous en avons 14, soit 7 heures de travail et en prenant en compte les pauses de 15 minutes tous les 4 pomodoro, (au nombre de 3 en l’occurrence), on arrive à un total de 7 heures et 45 minutes de travail. Parfait !

Nous avons un planning, et maintenant ? 

Maintenant, nous allons utiliser l’accessoire indispensable de cette technique : un minuteur en forme de tomate. Je plaisante bien sûr, n’importe quel minuteur fera l’affaire, et si vous n’en avez pas, il existe de nombreuses applications dédiées, que ce soit sur ordinateur ou sur téléphone, qui vous permettront de découper le temps.

Et il n’y a plus qu’à se mettre au travail !

À la fin de chaque pomodoro utilisé, on coche dans notre tableau la petite case correspondant à ce dernier. Si d’aventure, on utilise plus de temps que prévu pour une tâche, on met une petite croix supplémentaire sur la ligne. Lorsqu’une tâche est finie, on la raye.

Voici à quoi pourrait ressembler notre mi-journée :

Que peut-on constater  ? Nous nous sommes trompés sur le temps nécessaire pour trouver notre sujet : au lieu d’un, nous avons utilisé trois pomodoro ; par contre, filmer la séquence nous a pris seulement un pomodoro au lieu de deux. Pour le reste, nos estimations étaient bonnes.

Et à la fin de la journée …

Il est maintenant temps de tirer les enseignements de notre journée :

  • nous avons globalement réussi à effectuer toutes les tâches que nous avions prévus de faire
  • par contre, pour notre prochain article, nous prévoirons plus de temps pour la recherche du sujet et des documents nécessaires (ou alors, nous réviserons la méthode utilisée)
  • filmer la séquence a été plus rapide qu’escompté : est-ce normal ? Si tel est le cas, pourrons-nous diminuer le nombre de pomodoro échus à cette tâche la prochaine fois ?
  • monter la séquence a par contre été beaucoup plus long que prévu. Il faudra prévoir plus de pomodoro à cette tâche pour la prochaine fois
  • travailler deux heures sur le projet formation n’a pas été possible : nous étions épuisés après cette longue journée d’expérimentation 🙂

Et voilà ! Et je n’ai fait qu’effleurer la technique : si vous voulez savoir comment gérer les urgences, comment faire pour ajouter une tâche, etc. , je vous conseille vivement la lecture de la notice traduite en français de la technique, rédigée par Francesco Cirillo, son créateur : http://www.pomodoro-technique.fr/wp-content/uploads/2017/01/livre-francais-Technique-Pomodoro-gratuit-free.pdf.

L’illusion du labeur (ou quand la confiance passe par la lenteur)

Je suis un peu « off topic » avec ce petit billet, mais la découverte de ce concept m’a tout simplement ébahi : du coup, je n’ai pu résister à l’envie de rédiger un petit article à ce sujet.

Donc bon, l’illusion du labeur, qu’est-ce que c’est ?

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Spoiler : non, jouer à travailler n’est pas une illustration de l’illusion du labeur (source)

Imaginez : vous rentrez dans un restaurant, un serveur arrive tout de suite, prend votre commande et la ramène dans la minute.
Déjà, vous vous demandez si vous n’êtes pas tombé dans un monde parallèle (un serveur, tout de suite ? A [insérez le nom de la grande ville la plus proche] ???) … et ensuite, votre commande, servie dans la minute … Vous n’auriez pas un doute ? Ma nourriture est-elle fraîche, ou bien a-t-elle été préparée pour quelqu’un d’autre que moi ?

Au même titre que dans un restaurant, où il est normal et rassurant d’avoir à attendre que sa commande soit préparée, on a constaté que dans d’autres domaines, immatériels ceux-là, la même inquiétude se manifeste.

Par exemple, sur les sites de recherche de meilleur prix pour des vols ou des hôtels, on a une petite mire, qui fait défiler des noms de compagnie, ou bien une petite explication de qui est en train de se passer sur les serveurs …

Sauf qu’il n’en est rien : les serveurs hébergeant ces applications sont largement dimensionnés, et les réponses sont disponibles quelques millisecondes après la validation de la requête client.

L’illusion du labeur, c’est ça : donner l’impression, de la manière la plus imagée possible, que de l’autre côté d’internet, une armée de nains  embauchés par Intel ou AMD (avec des tenues bleu ou rouge, du coup), coincés dans de gigantesques datacenters, font du data mining avec leur petite pioche en chantant « Hey Ho, Hey Ho, on s’en va au boulot ».

« Salut c’est moi Nono. Je suis le robot héros … »

Et comme illustré ci-dessus, les sites internet se donnent beaucoup de mal pour donner corps à cette impression, quitte à la doter d’un corps, par l’intermédiaire d’un petit personnage qui s’agite, rigolo de préférence, ou bien en faisant défiler des informations, à toute vitesse mais pas trop, « à la Matrix ».

Au final, l’illusion du labeur, c’est l’illustration d’une de nos multiples dualités : si c’est un humain qui est aux commandes, on veut que tout aille toujours plus vite, mais lorsque c’est une machine, il faut qu’elle « ralentisse » pour que l’on puisse s’imager que les choses se fassent.

Source : https://www.hbs.edu/faculty/Pages/item.aspx?num=40158

Un irritant, dans le retail, kesako? 

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Un irritant, dans le retail, qu’est-ce que c’est ? Tout d’abord, c’est un anglicisme qui nous vient d’outre-Atlantique, a priori né au début des années 90 (Google a été mon ami). Toujours dans notre contexte, il aurait été adopté dans le sens dans lequel nous l’utilisons au début des années 2000.

En voici une définition simple : un irritant, c’est une expérience négative qui fait renoncer à un achat pourtant envisagé.

Laissez-moi vous présenter une liste (que j’espère exhaustive) d’irritants dans le retail en 2020.

  1. Le décalage entre internet et les magasins

Quoi de plus désagréable que de trouver l’article de vos rêves sur votre site internet de votre marque préférée et de voir qu’il n’est plus disponible en ligne, mais en magasin ? Eh bien, d’aller en magasin et de vous rendre compte … qu’il n’y est pas non plus disponible !

La solution à ce problème est facile à formuler, mais complexe à mettre en œuvre, surtout pour les enseignes historiques du retail « brick & mortar » : il suffit d’avoir une gestion de stock centralisée !

En réalité, ces projets sont colossaux, dans leur création comme dans leur mise en œuvre. Cependant, ils en valent clairement la chandelle, car ils ouvrent la voie à de nouvelles offres clients, comme le Clic & Collect ou le Ship from Store (on en reparle au point 5), et sont la pierre angulaire du « magasin 2.0 ».

  1. Un merchandising bâclé

Vaste sujet que celui-ci ! Que l’on parle d’une campagne de publicité, de l’agencement d’un magasin, de l’affichage des prix ou de la mise en valeur des produits, nombreux sont les écueils !

Malheureusement (ou pas), la technique ne peut pas tout pour aider à solutionner les multiples problèmes que l’on pourrait classifier dans cette catégorie.

Cependant, ces dernières années ont vu fleurir des applications innovantes :

– analyser le déplacement des clients en magasin à l’aide de caméras ou de beacons, ainsi que l’évolution du contenu de leurs paniers (via des tags NFC), afin d’optimiser l’espace de vente (en mettant en avant les produits se vendant moins bien, par exemple)

– une innovation qui n’en est plus vraiment une, mais qui se démocratise : les étiquettes électroniques (histoire d’éviter les décalages entre les prix étiquetés et les prix en caisse …)

– proposer des zonings musicaux, qui peuvent même s’adapter par rapport aux goûts du client

[…]

Sans compter tout le potentiel des écrans publicitaires personnalisés, les cabines d’essayage virtuelles, etc., qui amène « l’effet wow ! » et qui favorisent la vente et la fidélité du client.

  1. Le magasin (ou le site) où l’on n’a pas envie d’aller

Voici un point qui rejoint le numéro 2 : un magasin mal organisé où l’on ne trouve pas ce que l’on cherche, ou un site internet souffrant du même problème, c’est l’assurance de voir le client partir et ne jamais revenir !

En ce qui concerne l’e-commerce, on ne le dira jamais assez, mais l’organisation et la maintenance d’un site internet de vente nécessite un spécialiste sur le sujet (spécialiste que l’on sera ravi d’avoir sous le coude lorsqu’il s’agira de travailler sur le point 1 !).

Pour le magasin physique, au-delà d’un simple problème d’organisation des rayons, d’autres paramètres (de bon sens) rentrent en ligne de compte, qui pourraient faire fuir aussi sûrement le client : la ligne de caisse est située à la même hauteur que l’entrée, et on voit une file de personnes de l’extérieur ? La sortie du stock est une ouverture béante en face de la porte d’entrée ?

N’étant pas un spécialiste du sujet, je n’ai rien de mieux à conseiller que de s’orienter vers un professionnel (désolé).

  1. Le manque de conseil

Les clients se plaignent de la passivité, de l’absence, voire du manque de professionnalisme du personnel ? Les vendeurs en magasin ne se sentent pas impliqués ? Transformez-les en conseillers ! J’ai déjà abordé ce sujet dans un article précédent, dont je vous suggère de fait la lecture : https://thinkitretail.fr/wordpress/2020/01/22/investissez-dans-lhumain-il-vous-le-rendra-bien/ .

  1. La gestion du stock magasin

Voici typiquement un sujet beaucoup plus vaste qu’il n’y parait. Nous l’avons évoqué au point 1, il est important d’avoir en central un système qui soit capable de dire au client si un produit est effectivement disponible dans le magasin de son choix via l’application mobile ou le site internet de l’enseigne.

Il est maintenant impératif, afin d’éviter de perdre des ventes faute de stock dans le magasin visité, d’avoir une vue en magasin du stock des autres magasins de la chaîne, et de proposer soit une prestation de type Ship from Store (le magasin qui possède le produit désiré l’envoie au client, mais l’article est vendu dans le magasin visité), soit en Ship and Collect (le magasin qui possède le produit désiré l’envoie au magasin ciblé par le client, et ce dernier vient le récupérer) ; et bien entendu, toutes ces prestations doivent notifier en temps réel le client. Des solutions logicielles existent, qu’elles soient intégrées à des « suites d’encaissement » ou en standalone, et collent de près à toutes les innovations.

Enfin, et c’est un sujet qui reste à développer dans le futur, avoir la capacité de retrouver un produit alors qu’il a été déplacé (il apparaît bien en stock lorsque le client le demande à un conseiller, mais il n’est pas en rayon). L’utilisation de tag NFC plus généralisée devrait permettre cette « géolocalisation » en magasin, ajouterait « l’effet wow! » (imaginez la tête du client qui suit le conseiller qui retrouve le produit tant désiré du premier coup, à l’autre bout du magasin).

  1. Le temps pour régler ses achats

Nous voilà proche de la conclusion de notre parcours de vente ! Un conseiller poli et qualifié nous a conseillé, nous avons évolué dans une surface de vente agréable, et là, c’est le drame, 40 personnes en train d’attendre pour payer leurs achats ! Nombreuses sont les personnes qui ont abandonné leur panier et qui sont partis, malgré la qualité de l’offre et de l’accueil (et dont les produits seront perdus jusqu’à remise en rayon par un conseiller, indisponibles aux clients mais présents dans le stock, voir point 5 …).

Magasins sans caisses, caisses automatiques, paniers intelligents, … de nombreuses solutions existent, avec des coûts induits assez importants. Mais n’y aurait-il pas une autre solution, qui pourrait permettre de récompenser la fidélité tout en raccourcissant le temps de passage en caisse ?

  1. Une offre de fidélité négligée

Et nous voilà déjà au dernier point de cette liste, et à l’action qui va conclure notre vente (avant le paiement, bien sûr, qui n’est pour sa part plus vraiment un problème, tant les monéticiens ont amélioré leur offre, que ce soit en proposant des connexions via ADSL, qu’en intégrant les nouvelles offres monétiques dans des délais très courts) : le passage de la carte de fidélité.

Là, le constat est simple : trop de pub, pas assez d’avantages. Trop de retaileurs ont tendance à penser qu’une fois le client a adhéré à un programme de fidélité, il n’est plus rien d’autre qu’une adresse mail à ajouter dans une mailing list, volontaire pour se faire matraquer à grand coup de marketing.

Fort heureusement, les filtres antisp … oups, pardon 🙂 fort heureusement, disais-je, les mentalités évoluent, et ce depuis quelques années, les programmes de fidélité intègrent la participation à des événements exclusifs, des promotions VRAIMENT avantageuses, etc. Mais pourquoi ne pas pousser le bouchon encore un peu plus loin ? En proposant par exemple un service de passage prioritaire en caisse, ou bien un service de paiement différé avantageux lié au compte fidélité, permettant de faire d’une pierre deux coups : plus de données sur le client et ses habitudes, et un temps raccourci de passage en caisse ?

Quoi qu’il en soit, l’adoucissement ou la résolution de ces irritants doit être une priorité : en effet, les réseaux sociaux et internet en règle générale étant l’endroit où l’expression de l’insatisfaction client va être exprimée, avec une audience gigantesque et une absence de mesure dans les réactions (liée à l’anonymat que nous confère ce média), l’image d’une marque peut s’y faire et s’y défaire en quelques mois.

Rachat d’Ingenico par Worldline : la naissance d’un monstre du paiement

De l’actualité fraîche (extra fraîche même, compte tenu du fait que l’annonce a été faite le lundi 3 février (en début de semaine, à date de rédaction de cet article) pour ce ticket, et une petite synthèse / analyse / réflexion.

Tout d’abord, petite présentation des deux parties

Ingenico est une société spécialisée dans les solutions de paiements, surtout connue du grand public pour ses terminaux de paiement que l’on trouve depuis une vingtaine d’année à peu près partout, que ce soit chez les pétroliers, les petits commerçants ou les grandes surfaces.

Au fil de ses 40 années d’existence, elle a globalement racheté tous ses concurrents français (Innovatron, Sagem Monetel, Moneyline, …), et se lance dans  le paiement sur Internet au tout début des années 2000 (preuve qu’un acteur historique peut innover, évoluer et se transformer, n’en déplaise à certains).

Worldline, pour sa part, va souffler ses 50 bougies cette année. Cette société, tout d’abord spécialisée dans le traitement des transactions de carte de paiement, s’ouvre assez logiquement dans les années 90 aux paiements en ligne via Internet.

Brique originelle de Atos, elle retrouve sa liberté en 2019, non sans avoir renforcé son offre au travers du rachat de nombreuses sociétés spécialisées.

Et paf, ça fait des Chocapics

Oui, je sais, ca ne fait rire que moi.

Pour paraphraser la célèbre publicité, on est typiquement dans le cas d’une fusion de deux sociétés très performantes, que ce soit en matière de technologie, d’innovation ou de finance (même si cela s’est fait dans la douleur dans le cas d’Ingenico), qui va permettre de créer une « super société » qui va pouvoir se classer dans le top 5 mondial (en quatrième place, pour être exact)  des sociétés spécialisées dans le paiement (alors qu’auparavant, ces deux sociétés avaient des classements aussi flatteurs uniquement sur le territoire européen).

La raison de cette offre publique d’échange amicale ? Une concurrence mondiale exacerbée en ce qui concerne les paiements dématérialisés, un marché de la vente (et donc du paiement) en ligne qui n’en est encore qu’à ses débuts si l’on en croit les spécialistes, et la nécessité de se positionner contre les GAFA afin d’éviter de disparaître dans un futur proche. En effet, la dématérialisation a pour effet bénéfique de permettre l’ouverture à une concurrence n’ayant ses racines ni dans les banques, ni dans le secteur, comme nous l’a montré par exemple Apple avec ApplePay.

Et quel impact pour les utilisateurs ?

Au niveau des utilisateurs, l’impact devrait être limité, au moins dans un premier temps. Il est difficile de se projeter dans le futur, mais il parait peu probable que le groupe qui résultera de cette fusion  ne se décide à arrêter de produire des périphériques monétiques : en effet, cela laisserait la porte ouverte à la concurrence pour vendre son matériel (et les services associés). Même si cette activité devait se faire « à perte », elle est tellement liée au cœur de métier de ce nouveau groupe qu’il serait extrêmement préjudiciable qu’elle disparaisse.

L’impact de la 5G sur le monde du retail

La 5G ? Dans la tête de l’immense majorité du grand public, une évolution « +1 » (de 4 à 5) et la promesse d’une plus grande bande passante …

Outre le fait que cette technologie a beaucoup plus à offrir qu’une simple augmentation de débit, elle ouvre aussi de nouvelles possibilités au monde de l’industrie du retail : petit tour d’horizon.

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La 5G, c’est quoi, au fait ?

Petit rattrapage pour les personnes ne s’étant pas penché sur le sujet :

  1. plus d’antennes « miniaturisées » sur les antennes, « full duplex » (ces antennes miniaturisées sont capables d’émettre et de recevoir en même temps).
  2. un réseau qui « cible » les utilisateurs s’ils ont besoin du service, et plus un « bain d’ondes » permanent pour tout le monde.
  3. une gestion dynamique du réseau, afin de favoriser telle ou telle type d’utilisation (par exemple, les appels d’urgence auront plus de priorité et de bande passante que les utilisateurs de mobile).
  4. un type d’onde (millimétrique) permettant à terme des débits plus élevés.
  5. des petites antennes qui pourront être disposées partout pour renforcer le réseau (et pour diminuer la puissance nécessaire pour rester connecté au réseau, donc économie de batterie).
  6. et enfin, une toute nouvelle architecture réseau, qui va permettre une montée en débit, une latence réduite et la gestion dynamique du réseau (point 3).

 

La 5G dans le retail

Cette mise au point faite, à quoi pourrait bien servir la 5G dans le monde du retail ?

En fait, cette technologie va très probablement être le déclencheur de toute une série d’innovations qui restaient impossibles à mettre en œuvre, faute de bande passante suffisante. On pourrait par exemple imaginer :

  • De la réalité augmentée, voire virtuelle, en temps réel, pour proposer par exemple des services d’essayage virtuel en temps réel dans le cas d’une pièce hors stock ou sur mesure
  • La prolifération des trackers et objets connectés (IoT) en magasin pour améliorer le parcours client en proposant en temps réel des offres et propositions commerciales
  • Renforcer la convergence entre les e-store et les magasins physiques, permettant une expérience client encore plus agréable
  • Une meilleure gestion logistique : le principal point faible des objets connectés à destination logistique (étagère intelligente, étiquette électronique, …) étant leur durée de vie (celle de leur batterie, pour être exact), leur démocratisation (et leur coût) ne peuvent que diminuer grâce à la 5G

 

Conclusion

Ce ne sont quelques exemples, mais encore une fois, il est important de bien comprendre que la 5G n’est que le support de technologies à venir, technologies qui étaient jusque-là bridées par la bande passante et la latence des réseaux mobiles actuels. Gardez les yeux ouverts, vous risquez d’être surpris !

Investissez dans l’humain, il vous le rendra bien !

« Il faut créer de la valeur et du sens pour les employés ».
Cette phrase est de John Furner (CEO de Wallmart), et a été prononcée lors du NRF 2020, la grand messe du retail mondial.

Que cela signifie t’il ? Qu’il est peut être temps de rendre le pouvoir aux personnes qui savent le mieux comment fonctionne leur magasin !

Créer de la valeur
Voici un exemple qui me vient à l’esprit.

Cela fait bien longtemps que les questionnaires à remplir en magasin ne sont plus pertinents : tout d’abord, parce que la compilation des résultats est longue, et ensuite, parce qu’au final, ce sont toujours les mêmes personnes qui répondent à ces enquêtes.

Le personnel de terrain sait cela, et sait aussi que c’est sur les réseaux sociaux que « tout se joue ». La chose à faire : se laisser l’opportunité de capter ces informations, de les interpréter et de prendre des initiatives afin de s’adapter aux besoins et désirs du client .
Mais pas dans six mois, après un pénible parcours de décision et de validation qui aura impliqué toutes les strates de l’entreprise : la semaine suivante, après une décision « locale » et collégiale !

Le plus beau ? C’est que les outils pour collecter ces informations existent ! Par contre, il faut sortir du carcan infernal « SAP / IBM / Oracle », pour aller voir du côté des entreprises (françaises, tant qu’à faire !) spécialisées sur le sujet, comme par exemple la société lilloise Critizr.

Evidemment, tout ceci à un coût : celui du logiciel (qu’il soit vendu ou « As a Service »), ainsi que le système de rémunération à mettre en place pour motiver la créativité et les initiatives sur le terrain.

Créer du sens
Elle est (espérons-le) en passe de se finir, l’époque où le personnel en magasin devait se résigner à n’être que le faire valoir de leur enseigne ou de leurs produits !
Il faut valoriser ce personnel, en l’impliquant véritablement dans la vie du magasin, et en lui proposant régulièrement des formations, qu’elles soient techniques ou liées au savoir-être.
Au delà même du potentiel ainsi libéré, le message très positif qui est envoyé est que personne n’est laissé au bord du chemin, et que tout le monde peut progresser, y compris au sein l’entreprise dans laquelle on travaille.

Au final, cette phrase, qui cristallise une tendance de fond dans le monde du retail ces dernières années, nous explique que c’est enfin à l’humain de revenir sur le devant de la scène du point de vente. Et c’est une très bonne nouvelle !

Les trois grands principes à suivre pour prendre la bonne décision

J’ai lu ce matin un bref article, qui m’a rappelé pas mal de souvenirs d’une de mes anciennes vies, dans laquelle j’ai eu la chance de pouvoir apprendre par l’expérimentation la gestion de production en partant d’une base presque vierge.

Le résultat de cette expérience ? L’adage « pourquoi faire simple alors qu’on peut faire compliqué » se vérifie malheureusement bien souvent. En l’occurrence, c’est le poids de l’existant et d’évolutions à minima, ou pire, faite dans l’urgence en ayant en vue qu’un objectif immédiat, qui entraîne toute la chaîne vers une complexité préjudiciable, autant en terme de compréhension de l’ensemble que de management (micro ou macro).

Comment éviter de tomber dans pareil écueil ? Voici les trois grands principes que je suis :

– Avoir une vision d’ensemble

Il est strictement impossible de prendre une décision, et cela, que ce soit dans un projet de développement logiciel comme pour une ligne de production, sans avoir une vision d’ensemble de son propre périmètre et de celui du niveau supérieur. Dit de cette manière, cela semble probablement trivial, mais c’est bien plus qu’une simple phrase : au quotidien, il faut réussir à s’extirper du carcan de sa propre mission pour comprendre celle des personnes qui travaillent avec vous, dans les services ou unités attenantes à vos projets. A titre personnel, l’exemple le plus flagrant de ce point que j’ai pu vivre a été de travailler à l’intégration d’un système d’encaissement dans un environnement omnicanal : il faut rencontrer les gens, se faire expliquer le fonctionnement des autres systèmes, comprendre les interactions et les technologies … en bref, sans cette vision d’ensemble, entreprendre un tel projet est voué à l’échec.

– Avoir une vision d’avenir

La pire des décisions est celle qui est prise dans l’urgence, pour corriger un point bloquant dans l’instant, sans chercher à comprendre les impacts à plus ou moins long terme sur le reste du projet. Encore une fois, cela peut paraître enfoncer une porte ouverte : on se figure par exemple une chaîne de production, où on demande à un ouvrier de coller au lieu de souder, et où l’on se rend compte que la colle ne réagit pas bien au traitement à la chaleur qui est appliqué au produit deux postes plus loin … mais en réalité, cela peut être bien plus pernicieux. Un autre exemple tiré de mon expérience : dans le cadre d’une mission, j’avais décidé, afin de limiter les coûts et de démontrer la faisabilité de la solution que je souhaitais employer, d’utiliser un serveur (informatique) d’occasion que nous avions récupéré gratuitement. La solution fonctionne correctement, et, ravi de mon « innovation », je rentre en contact avec les équipes projet pour promouvoir notre nouvelle capacité de production. Quelques mois plus tard, le serveur tombe en panne : plus rien ne fonctionne. Le temps de faire comprendre et de faire accepter la demande d’achat d’un nouveau serveur, la production fonctionne au ralenti pendant presque un mois. Quel enseignement tirer de cette expérience ? Il faut voir loin, et privilégier la qualité à la rapidité. Qu’aurais-je dû faire ? Probablement ne faire qu’une mise en production limitée de la solution, faire des présentations, puis trouver un sponsor pour pouvoir m’équiper correctement.

– Expérimenter

Les deux points précédents pourraient faire peur quant à la notion d’innovation : s’il est si compliqué de réussir à intégrer l’écosystème (technique, managerial et financier) dans lequel on gravite, pourquoi essayer de faire évoluer une solution qui fonctionne ? Et de manière plus globale, pourquoi perdre du temps à essayer de nouvelles choses au lieu de se concentrer sur la productivité ? Il s’agit à mon sens avant tout de s’offrir l’opportunité de renouveler l’intérêt du poste que l’on occupe, et l’estime que l’on peut avoir de soi d’occuper pleinement ce poste : en se penchant sur ce qui fait le squelette de son travail et en cherchant à l’organiser et à l’améliorer, on prend toute la mesure de l’impact de nos actions, et on peut se laisser aller à essayer de trouver de meilleures solutions aux problèmes que l’on rencontre, avec toute la satisfaction que cela peut apporter.

Au final, au-delà de toute autre considération, je pense que l’important est de bien garder à l’esprit ces trois points afin de continuer à s’épanouir et se passionner dans son travail (et bien sûr, de prendre la bonne décision ;-)).

L’article en question : https://dantotsupm.com/2020/01/08/agile-cest-aussi-commencer-par-faire-simple-avant-dameliorer-dautomatiser-et-doptimiser/